Comment un organisme à 7 sexes se reproduit ? | Geek Café
mardi 2 avril

Comment un organisme à 7 sexes se reproduit ?

La manière dont Tetrahymena thermophila, un organisme unicellulaire eucaryote très commun en eau douce, se reproduit a longtemps été un mystère. Les humains ont déjà du mal à s’en sortir avec mâles et femelles mais T. thermophila ne se satisfait en rien de ce trivial système binaire, préférant 7 types sexuels différents. Longtemps une énigme, un nouvel article publié dans PLOS révèle comment et avec qui les T. thermophila s’adonnent aux plaisirs charnels.

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Le problème

D’abord il faut savoir que n’importe quel (je vais mettre au masculin hein mais bon, dans ce cas ça veut pas dire grand chose) T. thermophila est membre d’un des 7 sexes et que chacun des 7 sexes peut se reproduire avec un T. thermophila des 6 autres sexes mais pas le sien. Jusqu’ici why not, mais c’est là que ça se gâte.

Si on y réfléchit, le problème avec la phrase précédente c’est que si chacun des sexes peut se reproduire avec les 6 autres, ça donne 21 (6+5+4+3+2+1) « types » de bestioles en sortie et pas 7.  Il faut bien une règle qui donne quoi avec qui…

Et ça ne s’arrange pas (en apparence) quand on sait qu’en fait n’importe quel sexe « a » avec n’importe quel sexe « b » peut en fait donner une progéniture de n’importe lequel des 7 sexes de départ

2 noyaux par cellule

Voilà donc comment les biologistes de Université de Californie à Santa Barbara on réussit à démêler toutes ces possibilités :

Chaque T. thermophila possède 2 noyaux, donc deux fois la copie de l’ensemble de leur matériel génétique mais complètement séparés spatialement. Et les deux n’ont pas le même rôle, un seul des deux contrôle la vie (et le sexe) de la cellule alors que l’autre sera impliqué dans sa reproduction. Un génome somatique et un génome sexuel (qui peut être comparé aux testicules ou aux ovaires chez les humains)

Quand deux T. thermophila mettent en commun leur génome sexuel, il se créer un nouveau noyau (l’équivalent humain d’un ovule fertilisé). Ce noyau va commencer à se copier lui même, certaines copies seront destinées à devenir des noyaux sexuels et d’autres des noyaux somatiques.

C’est pendant cette étape que le sexe de la progéniture est déterminé… Au hasard ! Comme une roulette sexuelle, les noyaux sexuels possèdent 7 paires de gènes incomplets, un pour chaque sexe… Et c’est la cellule nouvellement formée qui aléatoirement complète la paire d’un des sexes et se débarrasse des 6 autres.

C’est pour le moins original et on peut légitimement se demander « pourquoi ? » tant de complications. La réponse est en fait simple, c’est une question de probabilité. Avec 2 sexes, à chaque fois qu’un T. thermophila en rencontre un autre, il a 1 chance sur 2 de pouvoir se reproduire alors qu’avec 7 sexes, la probabilité passe à 6 chance sur 7 de tomber sur un partenaire compatible.

Bon courage pour écrire le Kama-Sutra de T. thermophila.

Créateur de Geek Café. Thésard flemmard spécialisé en procrastination, j’aime la science mais ce n’est pas toujours réciproque

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