Des embryons d’une espèce éteinte recréés pour la première fois au laboratoire | Geek Café
lundi 18 mars

Des embryons d’une espèce éteinte recréés pour la première fois au laboratoire

Laissez-moi deviner, vous êtes en train de penser à Jurassic Park, non? Pourtant on en est pas si loin (et tellement loin en même temps, plus de détails sur ça un peu plus loin). Le paléontologue Michael Archer de la University of New South Wales a annoncé les dernières avancées du projet surnommé Lazarus (rien à voir avec le film cela dit), et elles ne sont pas petites.

Déjà entendu parler des RheobatrachusMoi non plus, et pour cause les deux espèces qui composaient ce genre de la famille des amphibiens sont éteintes depuis les années 80… Et pourtant elles étaient tout à fait remarquables, tenez-vous bien, après avoir pondu ses oeufs, la femelle les avalait puis suspendait toutes ses fonctions digestives pendant les premières phase du développement des embryons qui se développaient dans son estomac, bien au chaud. Les jeunes amphibiens étaient ensuite « accouchés » par la bouche !

577904_566608646693484_159998194_n Cela dit, les deux espèces endémiques du Queensland en Australie n’ont pas survécu au temps et ont disparu à l’état sauvage dès 1979 avant de s’éteindre complètement quelques années plus tard. Cela dit à tout hasard un chercheur local, Mike Tyler, décida à l’époque de congeler quelques spécimens avant leur extinction … au cas où on puisse un jour « ressusciter » l’espèce, un visionnaire ce Mike.

Après avoir extrait l’ADN des cellules congelées, les chercheurs ont appliqué la maintenant « classique » méthode de clonage par transfert de noyau de cellules somatiques, la même méthode qui a permis de cloner « Dolly » par exemple. Bien sur, il manquait un élément important pour que la méthode marche à savoir un oeuf vivant dans lequel insérer le nouveau noyau formé de l’ADN récupéré. Pour cela, les chercheurs ont fait appel à une espèce cousine d’amphibiens, dont ils ont désactivé les oeuf puis dans lesquels ils ont injecté le nouveau matériel génétique issu de notre amie la Rheobatrachus.

La bonne nouvelle c’est que les oeufs ont commencé à se développer, les cellules se sont multipliées arrivant à un stade appelé blastula, qui est un stade extrêmement précoce du développement (bien avant les pattes ou cerveau) mais tout de même. Les embryons n’ont pour l’instant pas dépassé ce stade et sont morts avant d’atteindre l’étape suivante (appelée la gastrulation, oui oui vous aussi vous avez été une gastrula un jour).

Les tests d’ADN effectués sur les embryons ainsi créés, ont confirmés que les cellules se développant à l’intérieur de l’oeuf étaient bien des cellules de Rheobatrachus, et pas des cellules de issues de l’oeuf hôte. Bref une première qui fait du bruit, comme d’hab avec les ultra-contre qui disent (et je cite un commentaire vu sur un autre site) :

Si elles se sont éteintes, c’est pour une bonne raison il ne faut pas jouer avec la nature

Et les ultra-pour qui n’en peuvent plus d’attendre que ce soient enfin les dinosaures qui soient ressuscités !

A propos de ça d’ailleurs, ce n’est pas possible, même l’ADN conservé dans le sang d’un moustique fossilisé fini par se dénaturer un jour. La demi vie (temps pour que la moitié des molécules soient dégradées) de l’ADN est de 521 ans seulement (Nature 2012).

[Source]

Créateur de Geek Café. Thésard flemmard spécialisé en procrastination, j’aime la science mais ce n’est pas toujours réciproque

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