Fusion froide—L’éternelle théorie du complot. | Geek Café
mercredi 24 avril

Fusion froide – L’éternelle théorie du complot

La fusion froide est un domaine de recherche nucléaire qui découle d’une expérience menée en 1989 par  Stanley Pons et Martin Fleischmann au cours de laquelle des quantités de chaleur —et donc d’énergie— inexplicables ont été enregistrées. Suite à cette expérience ne produisant aucun déchet, les scientifiques ont voulu en avoir le cœur net et des laboratoires entiers ont été dédiés pour répondre à cette question :

Est-il possible de créer une énergie libre, et non polluante —dans des quantités similaires à nos réacteurs nucléaires actuels— le tout sans risque et sans danger ?

Un réacteur à fusion froide personnel et portatif, le pied !

Seulement voilà, en 2013, les scientifiques ne sont toujours pas d’accord (en même temps si vous trouvez des scientifiques qui pensent la même chose…, bref). Alors lobbying des fournisseurs d’énergie qui freine la recherche ? Scientifiques s’accrochant à leurs anciens domaines d’expertise ? Comme je suis un optimiste, dans ce billet nous allons voir quelles sont les idées derrière la fusion froide, néanmoins si vous êtes intéressés par les complots ; c’est ici que ça se passe ;).

La fusion froide–Comment ça marche ?

Etape 1) L’électrolyse !

Ce procédé consiste à réaliser des réactions chimiques stimulées grâce à une activation électrique (wiki). Pour vous la faire courte, on plonge deux électrodes chargées positivement et négativement (anode et cathode) dans une solution saline et les particules chargées négativement vont vers l’électrode négative et inversement. Qui se ressemble s’assemble en somme.

Dans le cas de la fusion froide, la solution est composée d’eau lourde et de sel. L’eau lourde c’est comme de l’eau mais en lourd –en gros le H (hydrogène) dans H2O est remplacé par quelque chose de plus lourd (le deuterium dans notre cas).

Électrolyse d’eau lourde

Comme vous pouvez le voir sur mon magnifique schéma (Paint Skill Over 9000), lors de l’électrolyse l’eau lourde va se décomposer en deux parties :

– O–D, qui va se coller au +

– D, qui va se coller au –

Suite à cette réaction, les parties D–O vont encore se décomposer de telle sorte que certains vont perdre leurs O et le donner à un autre. En conséquence on aura à nouveau des D–O–D et des O seuls. (Qui s’associeront eux aussi en O2; de la vapeur quoi).

Tout ça pour créer de la vapeur… Alors oui, avec une casserole et de l’eau, vous êtes aussi capable de créer de la vapeur, mais vous consommez de l’énergie et votre eau diminue de manière continue. Dans ce cas, une partie de l’eau est transformée en vapeur et l’autre… A nouveau en eau.

Fiouuu, et comment on produit de l’énergie ?!

Etape 2) La Fusion !

L'électrode négative
L’électrode négative

L’électrode négative est en fait du palladium (si si comme la combinaison de Tony Stark) dont la structure est en forme de cube. Néanmoins ce cube comprend des espaces dans lesquels s’infiltrent le deuterium (qui remplace l’hydrogène dans la composition de l’eau lourde).

Ainsi, plus le temps s’écoule, plus le deuterium s’infiltre profondément dans le palladium et créé des tensions sur ce dernier.

C’est comparable au mécanisme de la respiration, l’air entre dans nos poumons, ils se gonflent –une tension est exercée sur eux– puis l’air sort, les poumons retrouvent leur taille « normale ». Sauf que dans le cas de la fusion froide, le deuterium ne ressort pas : il fusionne !

En effet, les éléments de deuterium vont fusionner, deux à deux, pour créer des éléments d’hélium 4 (4He). Lors de la fusion, une quantité astronomique de chaleur est générée et donc d’énergie (24MeV pour chaque fusion) !

Tadaaaaa ! Nous avons de l’énergie propre, pas de déchet (mis à pars de la vapeur d’eau…) et sans risque. En effet, il suffit de couper le courant alimentant les électrodes et le tout s’arrête gentiment.

Comme je le disais au début de ce billet, pour l’instant, il n’y a pas ou peu d’applications industrielles et les scientifiques qui travaillent dessus ont tendance à être reniés par la communauté internationale…

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille l’excellent LENR News (LERN : Low Energy Nuclear Reaction) en anglais pour les dernières news / complots / ragots ou cette vidéo YouTube pour une explication complète, en anglais aussi !

Mathieu

Instant Geek–Just add Coffee.

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8 commentaires

  1. Intéressant, mais dans les faits, il me semble bien que c’est comme le mythe du moteur à l’eau… on aimerait y croire mais ça reste des spéculations…

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  2. @haley,

    Il ne s’agit plus de spéculations. Adrea Rossi, inventeur de l’e-cat, dont photo en en-tête de page, a fait certifier ses appareils par un organisme de contrôle totalement indépendant.
    Les conclusions des 11 experts, exprimées verbalement pour l’instant, sont que l’appareil fourni les services pour lesquels il a été conçu. En d’autres termes, ça fonctionne ! Les conclusions détaillées seront publiées dans des revues scientifiques au cours des prochaines semaines.

    D’autre part, la première centrale 1MW de l’ingénieur Rossi sera livrée à l’industrie civile le 30 avril prochain.

    JJE

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  3. Tout récemment a eu lieu dans une salle de la maison du pilote à Rome, la réunion « Cohérence 2012 », au cours de laquelle la science de frontière, la fusion froide, a repris sa place de protagoniste sur le devant de la scène. Mais ça a duré peu de temps. L’information, encouragée par l’indifférence du monde universitaire, a favorisé son retour au silence. La Conférence de Rome a été suivie par le Gén. Mario Majorani, le Gén. Stefano Murace et l’ancien ministre Gianni Mattioli, président du Comité scientifique pour la décennie de l’éducation au développement durable de l’Unesco et curieusement quelques représentants du monde scientifique et académique. Parmi les interventions les plus importantes de la réunion « Cohérence 2012 » nous trouvons la présentation des expériences de réplication indépendante de Francesco Celani, chercheur de l’INFN de Frascati.

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  4. Dès le début de la projection l’on se retrouve propulsé en 1989, au mois de mars, à l’époque où deux chimistes de l’Université de l’Utah (Usa), qui jouissaient alors d’une très bonne réputation, Stanley Pons et Martin Fleishmann, se mettent debout devant une foule de journalistes en annonçant une découverte incroyable: ils auraient effectivement résolu les problèmes énergétiques de la planète à l’aide de l’eau de mer, des piles et un mystérieux appareil en verre qu’ils tiennent prudemment entre leurs mains. C’est la naissance de la fusion froide.

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  5. Juste pour information c’est plus un complot mais du business, une industrie naissante…
    http://www.lenrnews.eu/francais-lenr-resume-pour-decideurs/
    (la version anglaise citée dedans est plus a jours et … c’est encore plus saisissant)
    Maintenant pour comprendre pourqui ca a été rejeté, oubliez les théories du complot et lisez Thomas Kuhn (C’est cité dans l’article).

    d’un autre coté, l’expérience montre
    – que aucune preuve scientifique ne sera acceptée, quelqu’elle soit… Merci Kuhn pour expliquer la cause. Et Roland Benabou pour le méchanisme d’illusion collective.

    – La révélation viendra de ces salopards de capitaliste, d’entrepreuneurs, ces afreux amateurs d’argent, qui ne s’embarassent pas des théories. Nassim Nicholas Taleb complete l’histoire.

    Le seul problème c’est qu’une innovation atteint le marché en 5 ans… comme ca a commencé en 2012, ca atteindra le marché vers 2017… et en attendant les théoriciens du complot accusant la fusion froide d’être une illusion entretenue par des milliers de chercheurs sur la planète, d’impliquer des centraines de type d’erreurs de mesure différentes, des dizaines d’institutions de toutes natures et de toutes nationalités, vont pouvoir continuer a répêter que tout ca n’est pas vrai…

    et puis comme Nassim Nicholas Taleb l’explique, un jour ces illuminés du complot vont annoncer qu’ils ont inventé enfin la fusion froide, malgré les chercheurs corrompus comme Fleischmann… Et ce sera l’Histoire. Comme d’habitude

    si vous ne croyez pas en la fusion froide, au minimum
    :
    – lisez Thomas Kuhn
    – lisez nassim nicholas taleb
    – lisez roland benabou (Groupthink)

    le reste après vous paraîtra clair… c’est gros comme la lune.
    évidemment si vous vous contentez de répêter ce que les « tawkers » (Cf Taleb) répètent sans arrêt, sans constater vous même… c’est sans espoir.

    AlainCo — le veilleur technologique de LENR-Forum…

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  6. Rappelons que les machines à vapeur chauffent de l’eau avec du charbon, puis actionnent des turbines grâce aux propriétés expansives de la vapeur. Un engin à fusion froide utiliserait les même dispositifs mécaniques de base, sauf qu’il chaufferait l’eau en consommant du nickel plutôt qu’avec une combustion.

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